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JOURNAL, MON CHER JOURNAL

Les auteurs des journaux intimes comme 'Le Journal d'Anne Frank' et 'Les Cornichons au Chocolat' par Stéphanie n'avaient pas l'intention de les publier. Pour les 10% des Français qui tiennent ou ont tenu un journal, cela reste avant tout une prose secrète. D'ailleurs, il est rare qu'un auteur d'un journal intime avoue ce passe-temps, et plus rare encore qu'il vous propose d'y jeter un oeil. Car dans un journal intime on écrit nos petites et prandes misères personnelles. C'est le confident que l'on tutoie, à qui l'on peut dire même des horreurs.

A l'adolescence, quand la communication avec les autres devient difficile, le besoin d'écrire se fait souvent sentir. A un âge plus mûr, c'est dans les périodes de crise ( problèmes conjugaux, chômage) que l'on se met à noircir des pages. Et quand le mauvais moment est passé, on range son stylo.

Cette pratique est, aujourd'hui comme hier, essentiellement féminine. Mais alors qu'au dix-neuvième siècle elle était réservée aux jeunes filles d'une famille aisée, elle s'étend à présent à tous les milieux sociaux. Toutefois, comme leurs aînées, 'Les adolescentes actuelles rédigent des journaux d'émotion dans un style souvent très littéraire', estime Laurence Lecerf, 24 ans, auteur d'un article sur le sujet.

Au masculin, note Laurence: 'Il y a le journal qui fait le compte rendu de la journée, et le journal, où l'on consigne ce qui est utile à savoir.'

Marie Bardet